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Travaux d’entretien à la charge du locataire : quelles sont vos obligations?

Illustration d'une locataire qui se pose des questions entre nettoyage et bricolage

Lorsqu’on loue un logement, on pense souvent que tout ce qui concerne les travaux, réparations ou entretien relève du propriétaire. En réalité, le droit du bail suisse prévoit une répartition claire des responsabilités entre les parties et il y a certains travaux à charge du locataire.

Le propriétaire doit entretenir le bien dans un état conforme à l’usage prévu. Mais le locataire doit s’occuper du quotidien : entretien courant, menus travaux, devoir de diligence et obligation d’annonce en cas de défaut.

Alors, concrètement : qu’est-ce qui est à votre charge ? Jusqu’où va votre responsabilité ? Et pouvez-vous faire des travaux de votre propre initiative ?

Voici ce qu’il faut savoir.

📚 Les bases légales : qui entretient quoi ?

Le droit du bail suisse fixe clairement les responsabilités de chacun.

Art. 256 CO

Le bailleur est tenu de délivrer la chose à la date convenue, dans un état approprié à l’usage pour lequel elle a été louée, et de l’entretenir dans cet état.

Art. 257f CO

Le locataire est tenu d’user de la chose avec le soin nécessaire.

Art. 257g CO

Le locataire doit signaler au bailleur les défauts auxquels il n’est pas tenu de remédier lui-même.

Art. 259 CO

Le locataire doit, conformément à l’usage local, remédier à ses frais aux défauts qui peuvent être éliminés par les menus travaux de nettoyage ou de réparation indispensables à l’entretien normal de la chose.

👉 En résumé :

  • le bailleur assume les réparations importantes et l’entretien structurel ;
  • le locataire assume l’entretien courant et les petits travaux.

Cette distinction est essentielle, car elle détermine les responsabilités des deux parties.

🛠️ Que sont les menus travaux d’entretien ?

Une fois les clés remises, le locataire devient seul utilisateur du logement. C’est donc à lui qu’il revient d’assurer l’entretien normal de ce qu’il utilise au quotidien.

Les « menus travaux » correspondent donc aux petits travaux de nettoyage, d’entretien ou de réparation, que le locataire peut effectuer lui-même, sans connaissances techniques particulières.

En pratique, il s’agit généralement d’interventions simples et peu coûteuses (souvent jusqu’à CHF 150.– à 200.–).

🧰 Qu’est-ce qui est concrètement à la charge du locataire ?

L’entretien courant ne se limite pas au simple ménage. Il comprend aussi l’entretien régulier des équipements mis à disposition.

Voici une liste non-exhaustive d’exemples :

  • remplacement des ampoules ;
  • nettoyage ou remplacement des brise-jets ;
  • nettoyage ou remplacement du flexible et du pommeau de douche ;
  • nettoyage ou remplacement des filtres de hotte ;
  • nettoyage du filtre du lave-vaisselle ;
  • nettoyage du filtre de la machine à laver ;
  • entretien du four ;
  • nettoyage des siphons et écoulements ;
  • détartrage de la robinetterie et des installations sanitaires ;
  • nettoyage et graissage des serrures et gonds des portes et fenêtres ;
  • nettoyage des grilles de ventilation.

👉 Point important : les appareils électroménagers font aussi partie de l’entretien courant.
Un lave-vaisselle, une hotte ou une machine à laver mal entretenus peuvent tomber en panne, et si cette panne est clairement liée à un manque d’entretien, la responsabilité du locataire peut être engagée.

🗣️ Le devoir d’annonce : signaler les défauts à temps

Le locataire n’a pas seulement l’obligation d’entretenir. Il a aussi l’obligation d’annoncer immédiatement au bailleur les défauts qu’il constate, qu’il ne peut réparer lui-même ou auxquels il n’est pas tenu de remédier.

Par exemple :

  • fuite d’eau ;
  • panne de chauffage ;
  • infiltration ;
  • fissure importante ;
  • panne d’un appareil nécessitant une intervention technique.

Pourquoi est-ce important ? Parce qu’un défaut non signalé peut s’aggraver, et dans ce cas, le locataire peut être tenu responsable de l’aggravation du dommage.

Exemple : une petite fuite ignorée peut devenir un important dégât d’eau.

👉 En cas de doute : n’hésitez pas à annoncer votre observation au propriétaire, au concierge ou à la gérance, même si ça peut vous sembler anodin.

🎨 Peut-on faire des travaux ou modifications librement ?

La réponse est simple : non.

Illustration d'un locataire qui casse un mur

Le locataire ne peut pas modifier librement le logement sans l’accord du bailleur, pour une raison évidente : le jour de son départ, le locataire a l’obligation de restituer les lieux dans l’état dans lequel il les a reçus, hors usure normale.

Or certains travaux ne permettent pas toujours un retour aisé à la situation initiale :

  • peindre des faïences ;
  • remplacer des éléments ou équipements fixes ;
  • ajouter ou supprimer une cloison ;
  • modifier des installations sanitaires ou électriques ;
  • percer ou transformer de manière importante.

Ainsi, même si les travaux peuvent améliorer le logement, l’accord préalable du propriétaire est indispensable.

À défaut :

  • le locataire s’expose une éventuelle résiliation du bail ;
  • le bailleur peut exiger la remise dans l’état initial aux frais du locataire.

Une autorisation protège également le locataire vis-à-vis du bailleur.

💡 Exemple :

Une machine à laver installée dans un appartement, sans autorisation et sans passer par un professionnel, peut être à l’origine d’un dégât d’eau important. Le locataire devrait alors en supporter toutes les conséquences.

En demandant l’autorisation au bailleur, si celui-ci acceptait une telle installation, il demanderait à ce qu’elle soit faite par un professionnel, qui devrait porter la responsabilité d’un éventuel mauvais raccordement.

⚖️ Négligence ou usure normale : qui paie ?

En cours de bail ou lors de l’état des lieux de sortie, il faut distinguer deux situations.

Usure normale

C’est l’usure naturelle liée à l’écoulement du temps et à un usage normal.

Exemples
Peinture défraîchie ;
Joints jaunis, vieillissants ;
Appareil vétuste.

👉 À charge du bailleur.

Usure anormale

Elle résulte d’un manque d’entretien, d’une mauvaise utilisation ou d’une négligence.

Exemples
Évacuation bouchée ;
Joints noircis ;
Appareil détérioré faute d’entretien.

👉 À charge du locataire.

🚨 Quelles conséquences en cas de manque d’entretien ?

Un défaut d’entretien peut entraîner :

  • des pannes ;
  • des mauvaises odeurs ;
  • des dégâts ;
  • des moisissures ;
  • l’apparition de nuisibles.

Mais aussi :

  • des frais de réparation plus importants ;
  • une situation litigieuse lors de l’état des lieux de sortie ;
  • une retenue sur la garantie de loyer.

Dans certains cas, les conséquences peuvent être encore plus importantes.

Exemple : un filtre de hotte jamais nettoyé et encrassé représente un véritable risque d’incendie 🔥

⚠️ Manque de diligence : jusqu’à la résiliation

L’entretien courant du logement fait partie du devoir de diligence du locataire et ne doit pas être pris à la légère.

Si le bailleur constate des négligences dans l’entretien du bien loué, il doit d’abord rappeler au locataire ses obligations et lui laisser la possibilité d’y remédier.

Et si la situation persiste ou se répète malgré les avertissements écrits du bailleur, le bail peut alors être résilié de manière extraordinaire.

L’art. 257f al. 3 CO prévoit en effet qu’en cas de violation persistante du devoir de diligence, le bail d’habitation ou commercial peut être résilié avec un préavis minimum de 30 jours pour la fin d’un mois.  


💡 À retenir

Le locataire ne paie généralement pas les grosses réparations, mais il a une véritable obligation d’entretien courant.

Cela comprend :

✔ le logement lui-même
✔ les installations sanitaires
✔ les appareils électroménagers
✔ la ventilation
✔ les petits équipements du quotidien

Et surtout :

👉 entretenir régulièrement
👉 signaler rapidement les défauts
👉 demander l’accord du bailleur avant toute modification


📥 Checklist pratique

Pour vous aider à ne rien oublier, nous avons préparé une checklist complète d’entretien du logement, avec :

  • les éléments à entretenir ;
  • la fréquence recommandée ;
  • les points souvent oubliés.

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Chez MGM Fiduciaire SA, nous accompagnons propriétaires et locataires dans toutes les questions liées à la gestion et à l’entretien des logements.

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Crédit illustrations : vectorjuice / Freepik, pch.vector – Magnific.com, Daily-Soft ltd

Gérer soi-même la location de son appartement, local commercial ou immeuble locatif

🏠 Bon à savoir : 10 conseils pour louer son bien immobilier

Vous emménagez chez votre conjoint(e) et ne savez pas quoi faire de l’appartement que vous avez acheté ? Vous venez d’hériter d’un bien immobilier ? Vous avez eu l’opportunité d’investir dans la pierre ?

La location est une solution qui vous permet de préserver, entretenir et valoriser votre patrimoine immobilier, tout en générant un revenu régulier.

Mais peut-on tout gérer soi-même ? À quelles règles faut-il se soumettre ? Quels sont les pièges à éviter ?

Voici 10 points essentiels à savoir avant de mettre votre bien en location.


1. 📚 Bases légales

Ce n’est pas parce que le bien vous appartient que vous pouvez imposer vos règles.

En Suisse, le bail à loyer est encadré par :

  • les articles 253 à 273 du Code des obligations (CO)
  • l’Ordonnance sur le bail à loyer et le bail à ferme d’habitations et de locaux commerciaux (OBLF)
  • d’autres dispositions fédérales
  • dispositions cantonales (ex. Règles et usages locatifs du canton de Vaud)

Avant de proposer un bien à la location, il est essentiel d’avoir de bonnes connaissances de ces dispositions légales et de connaître vos droits et devoirs, notamment :

  • délivrer un logement en bon état (art. 256 CO)
  • garantir la jouissance paisible (art. 256a CO)
  • entretenir le bien (art. 256 CO)
  • respecter les délais et formes pour toute résiliation (art. 266 ss CO)

Pour le surplus, vous pouvez inclure des conditions générales ainsi qu’un éventuel règlement de maison dans vos contrats de bail.

Par ailleurs, il est également important de vous intéresser aux droits et devoirs des locataires.

⚠️ La méconnaissance du droit du bail peut amener à des erreurs ayant parfois de lourdes conséquences, d’où l’importance de partir sur de bonnes bases juridiques.


2. 📈 Mise en location

Avant toute chose, il faut évaluer le marché local et définir le montant du loyer, en tenant compte :

  • de l’emplacement et de l’état du bien
  • des prestations offertes et frais en lien avec le bien loué
  • du rendement permis (calcul du loyer selon rendement brut, net ou loyers comparatifs)
  • du type de location : meublé ou non, logement de vacance ou standard

💡 Certains facteurs peuvent influencer le montant du loyer (taux de vacance, proximité des commerces, écoles, transports…).

⚠️ Un loyer abusif peut être contesté, voire fixé judiciairement, parfois nettement plus bas que celui désiré. La prudence est donc de mise.


3. 📝 Type de bail

  • Durée indéterminée : la plus courante, avec résiliation possible selon les dispositions légales applicables
  • Durée déterminée : utilisée pour les locations temporaires ou dans certaines conditions spécifiques

Pour un logement, vous pouvez aussi opter pour un bail :

  • classique (loyer fixe)
  • échelonné (loyer qui augmente à date fixe)
  • indexé (lié à l’IPC)

4. 👤 Trouver les bons locataires

Un locataire idéal, c’est une personne qui choisit l’endroit pour ce qu’il est, qui en prend soin, qui paie son loyer dans les délais, qui respecte les conditions de location et qui vous informe aussitôt de l’apparition de tout problème affectant votre bien, entre autres.

Bien que rien ne puisse vous garantir à l’avance que toutes ces cases seront cochées, il est possible de trouver un bon candidat en étant attentif à :

  • sa solvabilité (attestation Office des poursuites, fiche de salaire)
  • sa situation personnelle et professionnelle
  • son attitude lors de la visite
  • votre ressenti et votre intuition

🔍 LPD : la nouvelle loi sur la protection des données définit de manière stricte et exhaustive les informations que vous pouvez demander aux candidats.


5. ✍️ Rédaction du contrat

Le contrat de bail, c’est ce qui vous lie avec les locataires pendant toute la durée de la location. Il doit être clair, complet, et les dispositions doivent être conformes à la loi.

Le contrat doit comporter des éléments essentiels :

  • la cession de l’usage
  • l’objet loué
  • le montant du loyer et des charges si non comprises (forfait ou acomptes)
  • la durée, les conditions de résiliation et de renouvellement
  • les spécificités du contrat (échelonné, indexé, meublé, logement de vacances…)
  • la garantie de loyer (maximum 3 mois du loyer net – art. 257e CO)

⚠️ Un contrat mal rédigé ou ambigu peut donner lieu à des conflits, en particulier quand les points de contestation désavantagent le locataire.


6. 📄 Utilisation de formules officielles

Image de formules officielles pour la notification du loyer initial à la conclusion d'un nouveau bail

Dans les cantons comme Vaud, Genève ou Neuchâtel, le bailleur doit utiliser un formulaire officiel agréé pour notifier le loyer initial.

Dans ces cas là, ce document doit être remis au locataire au maximum dans les 30 jours après la remise des clés, ou vous vous exposeriez à la nullité du loyer.

Il est aussi important de le remplir correctement, sous peine de nullité également.


7. 🧾 État des lieux d’entrée (et de sortie)

Un état des lieux détaillé, daté, signé et éventuellement accompagné de photos est indispensable pour:

  • dresser un inventaire exhaustif des marques et dégâts à l’entrée du locataire
  • éviter les litiges à la restitution
  • déterminer ce qui relève de l’usure normale ou des dégradations

⚠️ En cas d’absence d’état des lieux, les frais de remise en état peuvent rester à la charge du bailleur.


8. 🔧 Entretien courant et réparations

Tant le propriétaire que le locataire doivent entretenir le bien. Mais qui paie quoi ?

En général :

  • le locataire prend en charge les menus travaux d’entretien (ampoules, flexible de douche, filtre de hotte…)
  • le bailleur reste responsable des réparations majeures et de l’entretien structurel

🔍 Le bailleur doit réagir rapidement en cas de panne ou de dégât. En cas d’inaction, le locataire pourrait invoquer le défaut de la chose louée et prétendre à une indemnisation.


9. 📤 Résiliation du bail

La résiliation doit être formelle et conforme aux délais légaux, par exemple :

  • 3 mois minimum de préavis pour un bail d’habitation (ou plus si prévu dans le bail)
  • pour l’échéance contractuelle ou subsidiairement selon l’usage local
  • en recommandé avec formulaire cantonal officiel

S’il n’est pas toujours nécessaire de motiver la résiliation, le motif devra être communiqué en cas de contestation par le locataire.

Le droit prévoit une liste exhaustive des cas possible de résiliation, par exemple :

  • en cas de besoin propre et sérieux
  • pour manquement du locataire (ex. loyers impayés, manque de diligence…)

⚠️ Lorsque vous souhaitez mettre un terme à un contrat de durée indéterminée, le locataire a toujours la possibilité de contester la résiliation. S’il use de ce droit, il faudra alors motiver la résiliation sur la base d’un des cas permis par le Code des obligations.


10. 📊 Suivi administratif et comptable

C’est l’un des aspects les plus importants dans la gestion courante, puisqu’il suit les locataires pendant toute la durée du bail :

  • envoi des appels de loyers / charges
  • indexations et régularisations
  • rappels, mises en demeure, suivi des impayés
  • décomptes de charges (si acomptes perçus)

🧾 La comptabilité est essentielle pour une bonne gestion et avoir une vue d’ensemble de votre bien et de sa location. Elle facilite aussi la production de pièces pour votre déclaration fiscale.


⚖️ Gérer soi-même ? Oui… mais pas à n’importe quel prix !

Gérer en direct permet certes de faire quelques économies, à condition d’y consacrer du temps et de bien connaître ses obligations.

Mais un litige, un impayé, une mauvaise résiliation ou un loyer contesté… et les conséquences peuvent vite dépasser le montant des honoraires d’une gérance professionnelle.

C’est pourquoi chez MGM Fiduciaire SA, nous proposons aux propriétaires un service d’accompagnement dans toutes ces démarches et les aidons à faire de bons choix dans la gestion administrative, financière ou technique.

Un doute ? Besoin d’un conseil ?


🎓 Pourquoi faire appel à un professionnel pour gérer son bien immobilier ?

Face à la complexité juridique, à la rigueur comptable requise et à la charge administrative que représente la gestion d’un bien immobilier, de nombreux propriétaires choisissent de s’entourer de professionnels.

Confier la gestion à une gérance immobilière ou une société fiduciaire, c’est bénéficier de :

  • l’expertise juridique et technique
  • l’expérience des dossiers sensibles
  • un interlocuteur unique et compétent
  • une vision stratégique de la valorisation de votre patrimoine

MGM Fiduciaire SA, c’est une agence immobilière locale, à taille humaine, fondée en 1989 et notamment menée par un gérant d’immeubles et une comptable, tous deux brevetés avec une solide expérience.

💡 Si nous recommandons aux propriétaires privés de recourir aux services d’une agence comme la nôtre, c’est parce que nous constatons régulièrement des manquements dans les contrats qu’ils ont rédigés, et parfois des vices de forme qu’il n’est pas toujours possible de rattraper, et qui peuvent avoir de lourdes conséquences financières.

Par ailleurs, bénéficier d’un intermédiaire neutre et professionnel permet au propriétaire d’être moins impliqué émotionnellement dans une relation avec ses locataires et donc moins influencé dans ses choix.

Vous avez un ou plusieurs biens à louer? Parlons-en.
Nous pouvons vous faire une offre claire et sans engagement.


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Nouvelle formule officielle de notification de loyer lors de la conclusion d’un nouveau bail

Image de formules officielles pour la notification du loyer initial à la conclusion d'un nouveau bail

📌 Une mesure issue d’une volonté de transparence face aux abus

L’exigence d’une formule officielle lors de la conclusion d’un nouveau bail ne date pas d’hier. Elle a été introduite le 1er juillet 1990, à la suite de la révision du Code des obligations (CO) et de l’adoption de l’Ordonnance sur le bail à loyer et le bail à ferme d’habitations et de locaux commerciaux (OBLF) afin de combattre les loyers abusifs.

Son cadre légal se fonde d’abord sur l’article 270 CO:

1. Lorsque le locataire estime que le montant du loyer initial est abusif au sens des art. 269 et 269a, il peut le contester devant l’autorité de conciliation dans les 30 jours qui suivent la réception de la chose et en demander la diminution:

a. s’il a été contraint de conclure le bail par nécessité personnelle ou familiale ou en raison de la situation sur le marché local du logement et des locaux commerciaux; ou

b. si le bailleur a sensiblement augmenté le loyer initial pour la même chose par rapport au précédent loyer.

Son cadre légal est complété par l’article 19 OBLF, qui impose dans certaines conditions l’utilisation du formulaire officiel cantonal lors de la conclusion d’un nouveau bail.

Cette exigence s’applique principalement dans les cantons qui connaissent une pénurie de logements (p. ex. Vaud, Genève, Neuchâtel, Zurich, etc.) et où les autorités cantonales ont rendu le formulaire officiel obligatoire.

🧩 À quoi sert cette formule ?

Ce document est destiné à informer le locataire du montant du loyer demandé lors de la signature du bail, et notamment lui permettre :

  • de constater si le loyer a été modifié par rapport au locataire précédent;
  • de connaître les motifs de cette modification (travaux, adaptation au marché, etc.);
  • de voir clairement le montant des charges et s’il s’agit d’acomptes ou d’un forfait;
  • de l’informer de son droit de contestation.

Il s’agit d’un outil de transparence, qui doit permettre au locataire d’évaluer si le loyer est abusif et, le cas échéant, d’exercer son droit de contestation dans les 30 jours suivant la remise du logement.

🔎 Ce qui change dès le 1er octobre 2025

Afin d’accroître la transparence des baux à loyer, le Conseil fédéral a approuvé le 21 mars 2025 une modification de l’OBLF.

Cela entraîne une modification de la formule officielle qui entre en vigueur le 1er octobre 2025, introduisant deux mentions obligatoires supplémentaires :

  1. Le taux d’intérêt de référence utilisé pour fixer le loyer précédent
  2. L’indice suisse des prix à la consommation (IPC) sur lequel ce loyer antérieur s’appuyait

A cette date, il y a donc lieu d’utiliser la nouvelle version de la Notification de loyer lors de la conclusion d’un nouveau bail, conforme et agréée.

⚠️ Les risques en cas d’omission ou d’erreur

L’utilisation du formulaire officiel est une condition de validité de la fixation du loyer initial.

Une formule absente, incomplète, incorrecte ou remise tardivement peut avoir de lourdes conséquences pour le bailleur :

  • Le locataire pourrait contester le loyer initial au-delà du délai de 30 jours, la nullité pouvant être invoquée en tout temps, même après la fin du bail;
  • Le bailleur s’expose à une fixation judiciaire du loyer;
  • Le bailleur risque de devoir restituer au locataire la part de loyer indûment perçue jusqu’à 10 ans en arrière.

C’est notamment le cas si le formulaire est obsolète ou non agréé.


💬 Vous êtes bailleur et avez un doute sur un contrat de bail ?

👉 Contactez-nousnotre équipe se tient à votre disposition pour vous aider.


📄 Où trouver la version agréée de la formule officielle de notification de loyer?

Les formules officielles agréées sont généralement mises à disposition par les offices du logement, les chambres immobilières cantonales ou encore certaines associations professionnelles.

Si vous utilisez un logiciel de gestion immobilière, ceux-ci intègrent bien souvent une version imprimable de ce formulaire dûment agréé. Assurez-vous tout de même auprès du développeur que le document a bien été mis à jour et que la nouvelle version a bien été agréée au préalable.

L’office du logement de votre canton peut aussi mettre à votre disposition la liste des formules officielles agréées.

⚠️ IMPORTANT : pensez à toujours utiliser le formulaire officiel du canton dans lequel se trouve l’objet du bail!

En cas de création personnalisée d’un formulaire (par exemple, avec le logo de l’agence), une demande d’agrément formel doit être adressée à l’autorité cantonale compétente, qui vérifiera que le contenu correspond exactement à la version officielle, moyennant un émolument administratif. Sans cet agrément, le formulaire pourrait être considéré comme invalide.


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